vendredi 20 juillet 2012

Interview : Nalbandian continuera à jouer, au moins jusqu'à la fin de l'année


Alors que Nalbandian est au repos chez lui dans le petite ville de Unquillo, près de Cordoba, il a accepté de répondre à une interview. L'occasion pour nous d'en savoir un peu plus sur ses attentes concernant les Jeux Olympiques, ainsi que ses projets d'avenir.


David Nalbandian (à propos des Jeux Olympiques) : Ça sera génial de participer aux Jeux à Londres, même si c’est un peu étrange que ça se passe à Wimbledon, mais ça va être vraiment très spécial. C’est super je vais jouer en simple et en double aussi, car nous avons eut la chance de recevoir une invitation de la part de l'ITF pour jouer le double avec Schwank. Ça va être une très grande semaine qui tournera à plein régime lors des Jeux Olympiques.

Q : Pourquoi participer aux Jeux Olympiques est si spécial ?
DN : C’est différent. Bien que le format soit le même que n'importe quel autre tournoi, représenter son pays et tout ce que cela signifie, d'être parmi les meilleurs athlètes dans le monde, c’est une expérience unique.

Q : Commence ça se passe entre les athlètes pendant les Jeux olympiques?
DN : Il y a beaucoup de respect entre les athlètes. C'est spectaculaire, car vous arrivez à rencontrer tout le monde, de tous les sports différents et de différents pays. Vous êtes dans une ambiance très professionnelle car tout le monde se concentre sur son sport.

Q : Ce seront vos derniers Jeux Olympiques, comment vous vous sentez ?
DN : Je vais essayer d'en profiter, de faire du mieux que je peux. Je ne serai pas tête de série donc je pourrai jouer contre n'importe qui au le premier tour, de la façon qu’à Wimbledon. J’espère que j’aurai la chance de réaliser quelque chose et de profiter de ce qui seront mes derniers Jeux Olympiques.

Q : Certaines personnes sont obsédées par le désir de gagner une médaille, d'autres veulent profiter des Jeux Olympiques. A quel type de personne appartenez-vous ?
DN : Aux deux. Si vous n'avez pas un objectif, ce n’est pas la peine d’y participer. Si c’est pour jouer comme ça, autant rester chez soit et profiter de quelque chose d'autre. Ca finit toujours mal si vous penser de cette façon. Il faut essayer de gagner et de réaliser des choses, dans ce cas-là remporter une médaille, dans le cas de la Coupe Davis c'est de la remporter. Si vous ne jouez pas avec un but, vous commencez à perdre l'essence même de la compétition et une fois que vous perdez le feu sacré, vous ne pouvez plus rivaliser au plus haut niveau. Donc, je vais y aller avec un peu des deux. Car si vous ne profitez pas, il y a de quoi devenir fou. Vous devez faire de la meilleure façon possible, en profitant tout en essayant d'atteindre un objectif.

Q : Vous avez connu une bonne semaine au Queen’s Club et vous avez joué à Wimbledon, deux tournois sur herbe. Comment allez-vous vous préparer pour les Jeux Olympiques ?
DN : J’ai bien joué sur herbe. Les Jeux Olympiques sont bien sûr un grand objectif cette saison et heureusement je me suis qualifié car toute l'année j’ai du contrôler pour voir si je pouvais y participer ou non, si j'étais qualifier ou non.

Q : Jouer pour votre pays, c’est comme jouer la Coupe Davis par exemple ?
DN : Il y a quelques similitudes, mais c'est différent. Bien que dans les deux cas vous représentez votre pays, ce sont quand même des compétitions différentes. En Coupe Davis, vous jouez quatre fois par an alors que les Jeux Olympiques ne sont que sur une semaine tous les quatre ans. Le format est différent : en Coupe Davis, vous jouez sur un week-end sur 5 matchs, et si vous gagnez un, ça ne veut rien dire.

DN (à propos de l’incident lors de la finale du Queen’s) : Ce qui est arrivé était un accident, avec des circonstances malheureuses, c’était dans le feu de l’action et rien de plus que cela. Je pense que tout le monde a compris comme ça en voyant cela. Il n'y a aucune excuse pour ce que j'ai fait, mais je n'ai pas vu le juge de ligne, je tapé dans le panneau, et malheureusement, il a été blessé.


Q : Quand vous étiez un petit garçon, avez-vous imaginé que vous alliez avoir une vie avec pleine de tennis ? 
DN : Voyons voir... Comme tous les enfants, vous avez toujours de grands rêves. Après, c’est difficile de les concrétiser. Nous n'avons pas tous eu la même chance, les mêmes qualités ou les mêmes moyens. Mais avec le recul, je me rends compte que j'ai réalisé beaucoup de choses dans ce sport, dans ma vie, et c'est incroyable. Quand je pense que ce dont je rêvais étant petit a été accompli étape par étape, c'est quelque chose de spectaculaire que peu de gens peuvent atteindre. C’est donc très satisfaisant.

Q : Au All England Club, là où les Jeux Olympiques auront lieu vous a atteint la finale, il y a une décennie. (Finale de Wimbledon en 2002, ndlr)
DN : C'était une expérience incroyable. J'avais 20 ans et j'ai donné tout ce que je pouvais. Je n'avais jamais joué sur le court central avant, toujours sur les courts annexes. Je n’étais pas là par hasard, mais parce que j'avais gagné des matchs. Mais ma participation (à cette finale) était inattendue. Marcher sur Court Central, avec tout ce que cela signifiait, pour ma première finale de Grand Chelem, et contre Hewitt, le numéro 1 mondial qui était imbattable à l'époque, il y avait un très haut niveau de stress et de tension. Mais je pense que ça aurait été le cas pour tout le monde. La tension est là pour tout le monde. Certains joueurs, dans certains moments savent la gérer plus ou moins bien mais à ce moment là, la pression émotionnelle était immense et je n'ai pas pu m’en libérer. Mais en dehors de cela, Hewitt a joué un grand match.

Q : Atteindre la finale à Wimbledon est quelque chose que seuls quelques joueurs ont réussi à faire. Maintenant, avec le recul, appréciez-vous ce que vous réalisez à l'époque ?
DN : Je l'ai dit à plusieurs reprises, tant que vous êtes à l'intérieur de ce tourbillon, dans cette bulle tennis, vous ne vous arrêtez pas pour en profiter. Vous ne pouvez jamais arrêter la balle et dire : « regardez ce que j'ai accompli, ce que j'ai fait ». Les joueurs de tennis finissent leur semaine le dimanche, et le lundi ou le mardi, ils jouent un tournoi différent. Donc vous n'avez jamais le temps de vous détendre et d’être heureux de tout ce que vous avez réalisé. C'est pourquoi la grande majorité des joueurs de tennis, lorsqu'ils prennent leur retraite, passent un an sans rien faire parce que c'est la seule façon de se rendre compte de ce qu’on a fait dans sa carrière. Quand vous êtes encore en activité, c'est un emploi à temps plein, les choses se passent, se passent, vous devez aller de l'avant, ajoutez à cela les déplacements et les entraînements, c’est très difficile de mettre un coup de frein et de profiter de ces moments.

Q : C’est ce que vous faites en ce moment ?
DN : Je suis plus conscient de moi-même, je commence à penser différemment, mais je suis toujours actif en tant que joueur. Vous vivez à 100 à l’heure, même si je ne peux plus tenir le même genre de rythme comme à 20 ou 21 ans, qui était fou. C’est donc difficile d'y arriver (au top) et encore plus difficile d'y rester. Vous êtes en permanence contre tout le monde.

Q : Vous n'avez pas encore planifié votre retraite, mais comment voyez-vous arriver ce moment-là ?
DN : Je vais jouer aussi longtemps que je continuerai à prendre du plaisir et que j’aurai le goût de la compétition. Le jour où j'aurai perdu cela, il ne sera pas question de savoir si je vais bien physiquement ou non. Tout se passe dans votre tête, un jour vous perdez ce désir et cette motivation pour la compétition, puis vous vous demandez pourquoi vous faites tout cela. Je veux encore jouer, et je suis toujours motivé, en dépit de mes problèmes physiques et le reste. Je veux jouer, j'ai des objectifs et la saison ne se termine qu’à la fin de l'année. Et c'est seulement à ce moment que je vais voir si je veux jouer une autre année, si je veux faire la pré-saison ou non. Je n'ai pas fixé une date, mais je ne ferai pas les choses à moitié. Quand j'aurai fini cette année, c’est à ce moment-là que je déciderai de me fixer des objectifs pour la prochaine saison de tennis.

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