Alors que Nalbandian est au
repos chez lui dans le petite ville de Unquillo, près de Cordoba, il a accepté
de répondre à une interview. L'occasion pour nous d'en savoir un peu plus sur ses attentes concernant les Jeux Olympiques, ainsi que ses projets d'avenir.
David Nalbandian (à propos
des Jeux Olympiques) : Ça sera génial de participer aux Jeux à Londres, même si
c’est un peu étrange que ça se passe à Wimbledon, mais ça va être vraiment très
spécial. C’est super je vais jouer en simple et en double aussi, car nous avons
eut la chance de recevoir une invitation de la part de l'ITF pour jouer le
double avec Schwank. Ça va être une très grande semaine qui tournera à plein régime
lors des Jeux Olympiques.
Q : Pourquoi participer aux
Jeux Olympiques est si spécial ?
DN : C’est différent. Bien
que le format soit le même que n'importe quel autre tournoi, représenter son
pays et tout ce que cela signifie, d'être parmi les meilleurs athlètes dans le
monde, c’est une expérience unique.
Q : Commence ça se passe
entre les athlètes pendant les Jeux olympiques?
DN : Il y a beaucoup de
respect entre les athlètes. C'est spectaculaire, car vous arrivez à rencontrer
tout le monde, de tous les sports différents et de différents pays. Vous êtes
dans une ambiance très professionnelle car tout le monde se concentre sur son
sport.
Q : Ce seront vos derniers
Jeux Olympiques, comment vous vous sentez ?
DN : Je vais essayer d'en
profiter, de faire du mieux que je peux. Je ne serai pas tête de série donc je
pourrai jouer contre n'importe qui au le premier tour, de la façon qu’à
Wimbledon. J’espère que j’aurai la chance de réaliser quelque chose et de
profiter de ce qui seront mes derniers Jeux Olympiques.
Q : Certaines personnes sont
obsédées par le désir de gagner une médaille, d'autres veulent profiter des
Jeux Olympiques. A quel type de personne appartenez-vous ?
DN : Aux deux. Si vous n'avez
pas un objectif, ce n’est pas la peine d’y participer. Si c’est pour jouer
comme ça, autant rester chez soit et profiter de quelque chose d'autre. Ca
finit toujours mal si vous penser de cette façon. Il faut essayer de gagner et
de réaliser des choses, dans ce cas-là remporter une médaille, dans le cas de
la Coupe Davis c'est de la remporter. Si vous ne jouez pas avec un but, vous
commencez à perdre l'essence même de la compétition et une fois que vous perdez
le feu sacré, vous ne pouvez plus rivaliser au plus haut niveau. Donc, je vais y
aller avec un peu des deux. Car si vous ne profitez pas, il y a de quoi devenir
fou. Vous devez faire de la meilleure façon possible, en profitant tout en
essayant d'atteindre un objectif.
Q : Vous avez connu une bonne
semaine au Queen’s Club et vous avez joué à Wimbledon, deux tournois sur herbe.
Comment allez-vous vous préparer pour les Jeux Olympiques ?
DN : J’ai bien joué sur
herbe. Les Jeux Olympiques sont bien sûr un grand objectif cette saison et
heureusement je me suis qualifié car toute l'année j’ai du contrôler pour voir
si je pouvais y participer ou non, si j'étais qualifier ou non.
Q : Jouer pour votre pays, c’est
comme jouer la Coupe Davis par exemple ?
DN : Il y a quelques
similitudes, mais c'est différent. Bien que dans les deux cas vous représentez
votre pays, ce sont quand même des compétitions différentes. En Coupe Davis, vous
jouez quatre fois par an alors que les Jeux Olympiques ne sont que sur une
semaine tous les quatre ans. Le format est différent : en Coupe Davis, vous
jouez sur un week-end sur 5 matchs, et si vous gagnez un, ça ne veut rien dire.
DN (à propos de l’incident
lors de la finale du Queen’s) : Ce qui est arrivé était un accident, avec
des circonstances malheureuses, c’était dans le feu de l’action et rien de plus
que cela. Je pense que tout le monde a compris comme ça en voyant
cela. Il n'y a aucune excuse pour ce que j'ai fait, mais je n'ai pas vu le
juge de ligne, je tapé dans le panneau, et malheureusement, il a été blessé.
Q : Quand vous étiez un petit
garçon, avez-vous imaginé que vous alliez avoir une vie avec pleine de tennis
?
DN : Voyons
voir... Comme tous les enfants, vous avez toujours de grands
rêves. Après, c’est difficile de les concrétiser. Nous n'avons pas
tous eu la même chance, les mêmes qualités ou les mêmes moyens. Mais avec
le recul, je me rends compte que j'ai réalisé beaucoup de choses dans ce sport,
dans ma vie, et c'est incroyable. Quand je pense que ce dont je rêvais étant
petit a été accompli étape par étape, c'est quelque chose de spectaculaire que
peu de gens peuvent atteindre. C’est donc très satisfaisant.
Q : Au All England Club, là
où les Jeux Olympiques auront lieu vous a atteint la finale, il y a une
décennie. (Finale de Wimbledon en 2002, ndlr)
DN : C'était une expérience
incroyable. J'avais 20 ans et j'ai donné tout ce que je pouvais. Je
n'avais jamais joué sur le court central avant, toujours sur les courts annexes. Je
n’étais pas là par hasard, mais parce que j'avais gagné des matchs. Mais ma
participation (à cette finale) était inattendue. Marcher sur Court Central,
avec tout ce que cela signifiait, pour ma première finale de Grand Chelem, et contre
Hewitt, le numéro 1 mondial qui était imbattable à l'époque, il y avait un très
haut niveau de stress et de tension. Mais je pense que ça aurait été le
cas pour tout le monde. La tension est là pour tout le
monde. Certains joueurs, dans certains moments savent la gérer plus ou
moins bien mais à ce moment là, la pression émotionnelle était immense et je
n'ai pas pu m’en libérer. Mais en dehors de cela, Hewitt a joué un grand
match.
Q : Atteindre la finale à
Wimbledon est quelque chose que seuls quelques joueurs ont réussi à faire. Maintenant,
avec le recul, appréciez-vous ce que vous réalisez à l'époque ?
DN : Je l'ai dit à plusieurs
reprises, tant que vous êtes à l'intérieur de ce tourbillon, dans cette bulle
tennis, vous ne vous arrêtez pas pour en profiter. Vous ne pouvez jamais
arrêter la balle et dire : « regardez ce que j'ai accompli, ce que j'ai
fait ». Les joueurs de tennis finissent leur semaine le dimanche, et le
lundi ou le mardi, ils jouent un tournoi différent. Donc vous n'avez
jamais le temps de vous détendre et d’être heureux de tout ce que vous avez
réalisé. C'est pourquoi la grande majorité des joueurs de tennis,
lorsqu'ils prennent leur retraite, passent un an sans rien faire parce que
c'est la seule façon de se rendre compte de ce qu’on a fait dans sa carrière. Quand
vous êtes encore en activité, c'est un emploi à temps plein, les choses se
passent, se passent, vous devez aller de l'avant, ajoutez à cela les
déplacements et les entraînements, c’est très difficile de mettre un coup de frein
et de profiter de ces moments.
Q : C’est ce que vous faites
en ce moment ?
DN : Je suis plus conscient
de moi-même, je commence à penser différemment, mais je suis toujours actif en
tant que joueur. Vous vivez à 100 à l’heure, même si je ne peux plus tenir
le même genre de rythme comme à 20 ou 21 ans, qui était fou. C’est donc
difficile d'y arriver (au top) et encore plus difficile d'y rester. Vous
êtes en permanence contre tout le monde.
Q : Vous n'avez pas encore
planifié votre retraite, mais comment voyez-vous arriver ce moment-là ?
DN : Je vais jouer aussi
longtemps que je continuerai à prendre du plaisir et que j’aurai le goût de la
compétition. Le jour où j'aurai perdu cela, il ne sera pas question de
savoir si je vais bien physiquement ou non. Tout se passe dans votre tête,
un jour vous perdez ce désir et cette motivation pour la compétition, puis vous
vous demandez pourquoi vous faites tout cela. Je veux encore jouer, et je
suis toujours motivé, en dépit de mes problèmes physiques et le reste. Je
veux jouer, j'ai des objectifs et la saison ne se termine qu’à la fin de
l'année. Et c'est seulement à ce moment que je vais voir si je veux jouer
une autre année, si je veux faire la pré-saison ou non. Je n'ai pas fixé
une date, mais je ne ferai pas les choses à moitié. Quand j'aurai fini
cette année, c’est à ce moment-là que je déciderai de me fixer des objectifs
pour la prochaine saison de tennis.

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